LE PEINTRE
Dans un monde verbeux
tu es maître du silence.
Chaque toile est un message
Pour le visiteur,
Et ton atelier
Un espace de contemplation
Où l’invite est discrète.
Tes carmins sont des lèvres de femme,
L’albâtre leurs visages délicats,
Et les tableaux sanglants,
Rappelleront nos drames
Couleurs en harmonie,
Contrastes recherchés,
Images de détresse sous des ciels indigos,
Courbes épanouies sur des mers émeraudes,
Toucheront notre cœur
Sans dire mot.
Figuratif, abstrait,
Naïf,
Tu vogueras souvent
Proche du Créateur,
Dont tu restes l’apôtre
Bien au-delà du verbe.
Poème de Pierre Blondel
Recueil « Bas les masques », p.84
Prix Renaissance pour l’ensemble de son œuvre
Société des Écrivains, 2007